Fraternel, le blog de Bruno Cadez

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lundi 1 décembre 2008

Nos enfants nous accuseront

Il faut voir ce film documentaire. À partir de l'expérience d'un village du Gard, Barjac, qui propose de l'alimentation bio aux enfants des cantines, Jean-Paul Jouaud réalise un travail remarquable d'enquête et de reportage qui parvient à démontrer ce que nous savons déjà : il est urgent de sortir de cette logique productiviste qui va finir par nous détruire. Les cancers, notamment des enfants, sont sans cesse en augmentation. Nous consommons des matières infestées de pesticides et de produits chimiques, tandis que les agriculteurs sont les premières victimes du poison qu'ils inoculent à la terre. Des choix politiques s'imposent.

La bande annonce du film se trouve à cette adresse :

http://www.nosenfantsnousaccuseront-lefilm.com/

vendredi 7 novembre 2008

Le nouveau rêve américain

Cet article, publié dans le numéro 832 de Liberté-Hebdo (vendredi 7 novembre 2008) commente l'élection de Barack Obama à la présidence américaine. Dans cette édition, est également évoquée la mobilisation pour la Poste le 22 novembre, une initiative pour réhabiliter les fusillés de la guerre 14/18, l'action contre la suppression des Rased dans l'Éducation nationale...

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vendredi 31 octobre 2008

Moyen-Âge

Cet édito publié dans Liberté-Hebdo n°831 (sorti ce vendredi 31 octobre) évoque l'expulsion d'une retraitée dans un quartier populaire de Lille, à deux jours de la trêve hivernale. Dans ce même numéro, des articles sur le plan "nantis-crise" de Sarkozy qui en profite pour imposer le travail du dimanche, un reportage à Dunkerque où  les conséquences de la crise touchent déjà l'emploi, un point de vue critique sur la "Chtimania" relancée avec la sortie en DVD du film de Dany Boon...

Moyen-âge

Cette semaine, une retraitée, une « mamie » habitant un quartier populaire de Lille a été expulsée de son logement. Peu importe que, ces jours-ci, le thermomètre ait fortement baissé, peu importe même que des amis se soient mobilisés pour venir en aide financièrement à cette personne, la pratique moyenâgeuse des expulsions locatives demeure une sinistre réalité, même de la part d’un bailleur social. Nous en sommes encore là en 2008 : une personne âgée peut se retrouver à la rue pour une dette (alourdie pour une large part par les pénalités imposées par la procédure) de quelques milliers d’euros. Quelques milliers d’euros, quand les plans de sauvetage des banques et des circuits financiers mobilisent ces jours-ci des sommes faramineuses en centaines de milliards d’euros ou de dollars… Pas de pitié pour les pauvres, mais de la compassion pour les riches : ainsi peut-on résumer la manière dont fonctionne aujourd’hui notre société. L’expulsion, en quelque sorte, frappe les plus modestes d’une double peine. C’est cette injustice que soulignait encore cette semaine la Fondation Abbé Pierre en s’alarmant de l’augmentation du nombre d’impayés de loyers de plus de deux mois, ces quatre dernières années (+ 96 % dans le privé et + 58 % dans le public). « Les 2/3 des impayés concernent des ménages modestes ou très modestes » précisait la Fondation en rappelant que « l’aide au logement s’avère insuffisante face à la dernière flambée des prix des loyers et des charges ». C’est bien parce que leurs revenus sont trop faibles que ces personnes ont des difficultés à payer leur loyer. Les retraités s’appauvrissent, mais il suffirait de 9 milliards d’euros pour faire en sorte qu’aucune pension ne soit inférieure au SMIC. Une paille dans les 360 milliards accordés aux banques par l’État français ! Et l’on sait très bien que si cette somme avait été utilisée pour augmenter les salaires et les prestations sociales, elle aurait encouragé les familles, non pas à spéculer comme cela risque d’être encore le cas du côté des banques, mais à consommer utilement et à offrir des débouchés aux entreprises. Puisque l’on parle beaucoup de « morale » ces jours-ci, sans doute est-ce dans la mobilisation pour la dignité de chacun qu’il faut la rechercher.

Bruno CADEZ

mardi 28 octobre 2008

Ne pas laisser le secteur mutualiste aux financiers

La responsable des questions touchant au commerce équitable et à l'économie sociale et solidaire au PCF propose en tant qu'assuré ou titulaires de comptes d'intervenir à propos les choix mis en oeuvre par les banques et les assurances.


Comment faire pour protéger l’économie sociale des manoeuvres capitalistes ?

Successivement, le Crédit agricole pour 5,9 milliards en juin, la Caisse d’épargne, les Banques populaires pour 3,7 milliards en septembre viennent de recapitaliser assez discrètement pour près de 10 milliards d’euros. 10 milliards d’euros « propriété » de 12,6 millions de Françaises et de Français, leurs coopérateurs ou mutualistes qui auraient dû avoir tous droit à la parole : une personne = une voix selon un des cinq principes de l’économie sociale. Ces 10 milliards sont partis en fumée dans l’économie virtuelle : la spéculation. Les sociétaires « paieront deux fois » : une première fois pour boucher les trous, une deuxième fois car ce sera autant non investi pour créer des emplois, des logements, soutenir l’économie réelle.

Le 15 octobre, le Groupe des caisses d’épargne et les mutuelles de l’assurance MACIF et MAIF (7,2 millions de sociétaires) finissaient de conclure leur rapprochement pour leur future activité de bancassurance.

Comment ont été consultés les 14 millions de citoyens mutualistes concernés de part et d’autre ?

Au même moment, malgré plusieurs réunions de « cadrage » au palais de l’Élysée un nouveau scandale éclatait avec la perte de 695 millions à la Caisse nationale d’épargne. Assumant leurs responsabilités, les trois principaux dirigeants du directoire démissionnaient. Quelques mois plus tôt ce ne fut pas le cas du principal dirigeant du Crédit agricole qui a même succédé depuis au président de la Société générale à la tête de la Fédération bancaire française (FBF). Attendons cependant quelques jours pour apprécier la réalité de ces trois démissions spectaculaires.

Dans un autre domaine d’activité, la

CAMIF, le troisième de la vente par correspondance en France, s’est détourné de ses obligations mutualistes en ouvrant son capital aux 3 Suisses International puis à un fonds de pension, Osiris Partners. Celui-ci, en 2007, a pris le contrôle de la CAMIF Particuliers en investissant 25 millions d’euros. Malgré plusieurs injections de capitaux, la CAMIF est aujourd’hui conduite à des licenciements dans sa principale filiale et devra licencier 144 personnes dans la maison mère. Quand et comment, en toute transparence, les dirigeants, les coopérateurs et les mutualistes analyseront-ils ce qui s’est passé et se passe ?

Comment en est-on arrivé là ? Par absence de contre-pouvoir donc de démocratie ? Par abus de démocratie délégataire ? Par détournement des principes coopératifs et mutualistes avec la création de structures cotées en Bourse et échappant de fait à tout contrôle citoyen ? En sera-t-il de même pour la fusion annoncée et accélérée du groupe Caisses d’épargne et Banque populaire ? Cette fusion nécessite une modification de la loi : seul espoir d’un contrôle citoyen ?

En utilisant les outils du capitalisme, en agissant comme les capitalistes, quelques équipes dirigeantes détournent l’économie sociale de son rôle social et solidaire.

L’économie sociale et solidaire peut contribuer à la transformation de l’économie en combinant démocratie représentative, démocratie économique et démocratie sociétale et donnant des contre-pouvoirs aux citoyens.

Les sociétaires, coopérateurs, mutualistes doivent intervenir pour qu’elle retrouve ses principes de solidarité, hors des schémas capitalistes.

Nous faisons plusieurs propositions en ce sens :

À court terme : renforcer par la loi la participation des mutualistes et coopérateurs aux activités et assemblées générales.

À moyen terme :

- rendre obligatoire un minimum de financement de l’économie sociale et solidaire (SCOP, SCIC…) par le secteur bancaire coopératif et mutualiste ;

- élaborer un plan de création de nouvelles sociétés coopératives de production fondé sur un droit de préemption des salariés en cas de cession des entreprises (700 000 entreprises et 3 000 000 de salariés concernés avec le papy- boom).

Immédiatement nous proposons à chacune et chacun des 20 millions de Françaises et des Français sociétaires des groupes Crédit agricole, Banques populaires, Caisses d’épargne, Crédit mutuel, aux 7,2 millions mutualistes de la MACIF et de la MAIF, aux élus des collectivités locales, de demander la convocation en urgence d’assemblées générales exceptionnelles dans toutes leurs instances.

Vous avez le pouvoir d’agir, d’exercer votre citoyenneté économique.

Vous souhaitez agir : nous vous suggérons un modèle de lettre selon votre banque ou assurance mutualiste.

http://guideeconomieequitablebancassurance.blogspot.com

PAR SYLVIE MAYER, COAUTEURE ET COORDINATRICE DU GUIDE DE L’ÉCONOMIE ÉQUITABLE (*), RESPONSABLE COMMERCE ÉQUITABLE, ÉCONOMIE SOCIALE ET SOLIDAIRE DU PCF.

vendredi 24 octobre 2008

Le Roi rhabillé à crédit

Editorial de Liberté-Hebdo de ce vendredi 24 octobre. l'annonce des nouveaux cadeaux au patronats hier, entre autres la suppression de la taxe professionnelle, confirme que la crise va être utilisée pour aller plus loin dans les logiques libérales.

Andersen, dans un de ses contes avait parlé d'un « roi nu », tellement suffisant qu'il se faisait avoir par des escrocs lui ayant vendu un habit superbe mais invisible. Le capitalisme est apparu dans toute sa nudité ces dernières semaines avec cette crise qui n'en finit pas de rebondir. Le Roi est nu. Qui ne le voit pas aujourd'hui pour ce qu’il est ? Profondément injuste, préférant, pour garnir les fortunes d'une minorité, gaspiller des sommes faramineuses plutôt que de nourrir tous les humains de la planète - pour rappel, il suffirait de 3 milliards de dollars par an pour éradiquer la malnutrition. Le Roi est nu, du coup il n’est pas rassuré. Il fallait entendre la semaine dernière à Paris supplier le représentant du patronat allemand, Jürgen Thumann, invité en urgence avec ses pairs européens par Laurence Parisot, du MEDEF, pour réfléchir aux issues possibles (on notera au passage que, de ce côté-là de la lutte des classes, l’organisation au niveau international et particulièrement européen est plutôt rodée et réactive) : « c’est crucial qu’on ne laisse pas des individus ayant un programme alternatif évoquer la fin du capitalisme, le dépassement de l’économie de marché ».

Le Roi est nu, mais Nicolas Sarkozy s’empresse de le rhabiller à crédit. Après le plan de 360 milliards annoncé la semaine dernière, 10,5 milliards seront mobilisés pour aider à la recapitalisation des banques qui pourront emprunter auprès de l’État. Lequel n’a toutefois pas l’intention de se mêler de la destination de ces fonds. Aucune contrepartie n'est réellement exigée pour aider au crédit des ménages et des entreprises. Dans le même temps, le budget 2009 ne bouge pas d'un iota une politique qui consiste à réduire considérablement la part consacrée aux services publics. La suppression de 30 000 postes de fonctionnaires demeure à l’ordre du jour. Autrement dit, l’argent public qui ne sera pas utilisé pour répondre aux besoins sociaux servira à donner les moyens aux banques de se « refaire » pour continuer à spéculer. On comprend mieux, dans ces conditions, pourquoi les médias maintiennent l’étouffoir sur ces « alternatives » qui effrayent tant Jürgen Thumann, notamment cette proposition de pôle financier public avancée par le Parti communiste et qui interpelle aujourd’hui bien au-delà de ce parti.

Bruno Cadez

vendredi 17 octobre 2008

Face au Dieu Marché, une révolution démocratique

La Bourse, le Marché, l'Économie ne sont pas de dieux sur lesquels nous n'aurions aucune prise. Ce sont bien des individus concrets qui prennent ces décisions injustes.

Elles remontent, puis elles s’effondrent. Les places boursières sont scrutées, afin d’y chercher de l’espoir, ou pour y détecter les signes d’inquiétude et d’angoisse. On nous prépare d’ores et déjà à déguster, à supporter les conséquences d’une crise - pour laquelle le plus grand nombre n’y est pour rien, puisqu’elle est la conséquence d’une logique imprimée par une minorité de privilégiés -, mais dont il paiera les pots cassés.

Qui sont donc ces marchés dont on nous parle comme des dieux, ces dieux mystérieux et guerriers des religions archaïques, et dont il faut redouter l’action, bienfaitrice ou maléfique ?  Qu’est-ce donc que cette crise ? Une malédiction divine ? Tout est fait pour présenter ce qui se passe comme nous étant nécessairement extérieur. Effectivement, ça se passe au-dessus de notre tête. Mais c’est tout simplement parce que nous ne sommes pas associés aux décisions qui concernent notre vie. L’Économie, le Marché, la Bourse ne sont pas des réalités supérieures sur lesquelles nous n’aurions pas de prise. Ce ne sont pas des Dieux. Ce sont des réalités humaines. Ce sont bien des hommes qui prennent aujourd’hui ces décisions calamiteuses pour l’Humanité. Ce sont bien des individus qui font le choix aujourd’hui de mobiliser des milliers de milliards de dollars et d’euros pour venir au secours de ceux qui sont responsables de cette situation, alors qu’il suffirait de trois milliards par an pour éradiquer la malnutrition.

C’est la raison pour laquelle je ne crois pas que le système va s’effondrer de lui-même comme on l’entend parfois. Il va poursuivre sa route, aggraver les inégalités, enrichir une minorité si d’autres logiques ne s’imposent pas. Si l’on ne rompt pas avec celle qui encourage l’accumulation de richesses, pour posséder toujours plus – logique qui est à l’œuvre dans la conception consumériste actuellement dominante dans nos sociétés dites développées – nous n’en sortiront pas. Et je persiste à penser que les révoltes qui mettront en mouvement ceux qui seront privés de la part de gâteau, n’auront pas nécessairement un caractère progressiste. La loi de la jungle du libéralisme installe la déshumanisation de toute forme de relation. Ne l’oublions pas.

Je partage la proposition du PCF de lancer un « Grenelle du développement » avec tous les acteurs sociaux. Il faut tout remettre à plat. Redéfinir les priorités. Que faut-il produire pour satisfaire les besoins essentiels de l’être humain ? Quelle conception du vivre-ensemble devons-nous encourager ? Personnellement, la croissance économique, cela ne m’intéresse pas. Je défends un développement réellement humain et solidaire. Pour cela, il faut que tout le monde soit associé à la définition de ce projet social, et que tout le monde participe, en permanence, à sa mise en œuvre. Arrêtons de vénérer le Dieu Marché et engageons une révolution démocratique !

Bruno CADEZ

mercredi 15 octobre 2008

Jean Ziegler : On ne trouve pas 82 milliards par an pour lutter contre la faim, mais depuis septembre des milliers de milliards de dollars sont brûlés dans la crise financière !

Pour Jean Ziegler, "un enfant qui meurt de faim aujourd'hui est assassiné"

Par Isabelle LIGNER 

L'ex-rapporteur de l'Onu pour le droit à l'alimentation Jean Ziegler qualifie la faim dans le monde de "crime contre l'Humanité" et s'élève particulièrement contre le développement des biocarburants et la spéculation sur les denrées de base.

"En 2000, le premier objectif du millénaire que les Etats de l'Onu s'étaient fixé était de réduire la faim structurelle de moitié d'ici 2015, or la catastrophe ne cesse de s'agrandir pour toucher 925 millions de personnes", souligne M. Ziegler dans un entretien à l'AFP à l'occasion de la Journée internationale de l'alimentation du 16 octobre.

"Depuis 2000, les Etats les plus riches n'ont pas trouvé les 82 milliards de dollars par an pendant cinq ans nécessaires pour atteindre les huit objectifs du millénaire notamment la fin des épidémies ou de la faim mais parallèlement depuis début septembre des milliers de milliards de dollars ont été brûlés dans la crise financière", s'emporte le sociologue suisse.

Selon M. Ziegler, qui consacre son dernier livre, publié la semaine dernière, à cette thématique, "cette absurdité va renforcer la haine de l'Occident ressentie dans les pays pauvres". "Imaginez-vous en Afrique, les gens qui vont vers la mort à cause de la faim et qui apprennent par leur petite radio que les Américains et les Européens préfèrent sauver leurs banques", s'indigne-t-il. "C'est un crime contre l'Humanité qui est en train d'être perpétré, un enfant qui meurt de faim aujourd'hui est assassiné".

Le manque de moyens financiers concerne également le Programme alimentaire mondial de l'Onu, dépendant de la contribution des Etats, et qui, pour Jean Ziegler, "en est réduit à rationner la nourriture pour les réfugiés, par exemple au Darfour où un adulte reçoit 1.600 calories par jour au lieu des 2.200 recommandées par l'Organisation mondiale de la santé" (OMS).

Selon M. Ziegler, rapporteur spécial de l'Onu pour le droit à l'alimentation de 2001 à 2008, "la tragédie de la faim s'est également amplifiée à cause de l'explosion des prix mondiaux des matières agricoles" qui ont provoqué des émeutes dans une quarantaine de pays au printemps 2008 et "en raison du développement aussi massif que criminel des agrocarburants".

"La Banque mondiale elle-même dit qu'environ 45% de l'augmentation des prix des denrées de base est due aux prélèvements faits sur le marché mondial par les biocarburants", souligne M. Ziegler, aujourd'hui membre du comité consultatif du conseil des droits de l'Homme de l'Onu.

"Pour obtenir 50 litres d'agro-éthanol pour faire marcher une voiture américaine, il faut brûler 358 kilos de maïs, ce qui ferait vivre un enfant mexicain pendant une année", assure-t-il. "Et le crime continue puisque l'Union européenne va s'y mettre".

Parallèlement, ajoute-t-il, environ 40% des augmentations de prix des produits de base, sont dues "à la spéculation de ceux qui ont fui la bourse financière fin 2007 lors du premier petit krach et se sont transportés essentiellement à Chicago où sont fixés spéculativement les prix des principaux produits agricoles".

M. Ziegler espère qu'avec le krach financier, "les gens qui vont souffrir en Occident, vont tout à coup découvrir l'ennemi" qu'il définit comme "le néolibéralisme qui a fait croire qu'une dérégulation frénétique allait résorber tous les problèmes de l'Humanité dont la faim".

Selon lui, "cet obscurantisme totalement discrédité va lentement se déliter en faisant malheureusement d'autres victimes, avant d'être jeté dans les poubelles de l'Histoire".

http://www.france24.com:80/fr/20081014-jean-ziegler-enfant-meurt-faim-aujourdhui-est-assassine

mardi 14 octobre 2008

Pour une issue progressiste à la crise du capitalisme... 1000 rencontres à l'appel du PCF.

Pour trouver ensemble une issue progressiste à la crise que nous connaissons, et qui est d'abord celle du capitalisme, le PCF propose d'organiser 1.000 rencontres dans le pays et avance un certain nombre de mesures d'urgence. Ne laissons pas quelques experts décider pour nous et rencontrons-nous !

Pour en savoir plus :

http://www.pcf.fr/spip.php?article3148

vendredi 19 septembre 2008

La folie des grandeurs

Editorial publié ce vendredi 19 septembre dans Liberté-Hebdo (n°824). Dans ce numéro vous retrouverez également un dossier consacré à la mobilisation contre la privatisation de La Poste.


Le vertige. Qui n’a pas ressenti cette impression déstabilisante en entendant le montant des sommes faramineuses et effarantes en jeu dans la crise financière en cours actuellement à l’échelle de la planète. De « krachs » en éclatement de « bulles », l’actualité boursière de ces derniers jours a au moins ceci d’instructif qu’elle nous rappelle à quel point la folie des grandeurs des maîtres de la Finance est aussi gigantesque qu’irresponsable. Dans cet univers, les mises se distribuent à coup de centaines de milliards de dollars. AIG, la première société américaine d’assurance a parié plus de 440 milliards de dollars sur des titres pourtant très risqués. Quand on songe qu’un milliard de personnes vivent aujourd’hui de par le monde avec moins de 1 dollar par jour, ou que ces 440 milliards représentent cent fois le PIB d’un pays pauvre comme Haïti (et environ la moitié de celui de la France) ! Des apprentis-sorciers font partir des sommes gigantesques en fumée, et il n’y aurait pas les moyens de nourrir toute la planète ? Il faut décidément être le dernier des libéraux les plus dogmatiques pour croire à cette fable ! Tandis que de doctes paroles d’experts essaient de nous rassurer, de nous faire croire que l’Europe va échapper à l’onde de choc (alors que la Banque centrale européenne a injecté 70 milliards d’euros sur les marchés cette semaine), il ne faut pas être grand clerc pour comprendre quels vont être les dindons de cette farce : les peuples, les salariés. Des centaines de milliers d’emplois vont être supprimés à la suite de cette crise. L’État, mot banni du credo libéral, est aujourd’hui appelé à la rescousse pour rattraper les erreurs des aventuriers de la Bourse. Cela permet de se souvenir que ces sommes ne tombent pas du ciel. Qu’elles dépendent de décisions très concrètes d’hommes et des femmes tout ce qu’il y a plus humains. Ces sommes qui, aujourd’hui, font la Une des médias, ne pourraient-elles pas servir aux peuples, à financer des plans d’éradication de la faim, de développement de l’éducation, de la culture, de la santé ? L’essentiel des moyens financiers, ces dernières années, a servi à parier sur du vent. Il est temps de miser à nouveau sur un avenir qui soit réellement humain.

Bruno CADEZ

mardi 9 septembre 2008

L'économie solidaire, une alternative ?

Quel rôle joue l'économie solidaire ? Quelle est-elle exactement ? Permet-elle aux citoyens de s'extraire des logiques dominantes libérales ? Le quotidien "l'Humanité" a réuni une table ronde avec trois de ses acteurs et promoteurs qui permet d'en savoir plus et, pourquoi pas de se faire une opinion.

On peut lire le compte-rendu de cette table ronde, à l'adresse de ce blog :

http://guideeconomieequitable.blogspot.com/2008/09/leconomie-sociale-une-alternative.html

vendredi 5 septembre 2008

Gauche : Derrière la bataille des égos, comment soulever la chape de plomb social-libérale ?

Cet article a été publié dans Liberté-Hebdo de ce 5 septembre

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vendredi 27 juin 2008

La santé n'est pas une marchandise !

Cet article a été publié dans le numéro 812 de Liberté-Hebdo et rend compte d'un débat qui a eu lieu cette semaine à Roubaix, à l'initiative du Parti communiste.

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vendredi 18 avril 2008

"Je suis de la race de tous les opprimés" disait Aimé Césaire

La disparition d’Aimé Césaire a déclenché une vague d’hommages plus que mérités. Le poète et l’humaniste qui se définissait comme « le Nègre fondamental » avait mis à jour et dénoncé l’arrogance du système colonial, comme pivot d’une logique dominatrice qui interdit à l’Autre le droit d’exister en tant que tel. Son concept de négritude continue de nous parler aujourd’hui. Il est une invitation lancée à tous chaque dominé à se réapproprier sa vie, sa culture, sa sensibilité, son imaginaire, sa sacralité même, au moment où l’uniformisation de la mondialisation capitaliste voudrait nous formater définitivement en objets dociles au service d’un ordre largement dominé par l’Occident. La poésie et l’engagement d’Aimé Césaire nous disent encore aujourd’hui qu’il ne faut pas désespérer, mais qu’il faut au contraire toujours refuser l’inhumain. Il avait su rompre avec le communisme stalinien dès les années 50.

Au moment où la France rend hommage à Césaire, celle-ci entend-elle le cri de Baba Traoré, sans-papier noyé en fuyant la police, celui du monde qui a faim à force d’être pillé par les colonisateurs « économiques » de l’ordre néo-libéral ? « Je suis de la race de tous les opprimés » rappelait le poète.




"Il nous faudra avoir la patience de reprendre l'ouvrage ; la force de refaire ce qui a été défait ; la force d'inventer au lieu de suivre ; la force d'inventer notre route et de la débarasser des formes toutes faites, des formes pétrifiées qui l'obstruent" Lettre à Maurice Thorez (1956)




vendredi 4 janvier 2008

Cette semaine dans Liberté-Hebdo



L'artiste Sarah d'Haeyer, alias Rita Gada a réalisé la couverture de ce début d'année. Elle nous propose de démêler les fils emmélés de l'année 2008 pour plonger vers d'autres possibles en 2008.
Liberté-Hebdo revient sur les enjeux politiques et sociaux de l'année à venir et interroge : "Pour quoi la claque ?". Il trace le portraits de trois prêtres ouvriers, propose que la communauté urbaine de Lille revienne à une gestion publique de l'eau et alarme sur les fermetures de maternité dans la métropole lilloise après celle de Lille Sud.
À découvrir aussi, les objets et documents des particuliers offerts au Centre historique minier de Lewarde, un article sur la Kangoo produite à Maubeuge, ainsi que la présentation d'une expo de Georges Vantongerloo, un pionnier de la sculpture moderne, au musée du Cateau-Cambrésis.

L'édito de cette semaine :

Président du pouvoir d’achat… des fortunés !

Il nous l’avait promis. Il serait « le président du pouvoir d’achat ». Il n’aura pas fallu huit mois pour que le pays ouvre les yeux sur le grossier mensonge sur lequel s’est appuyé Nicolas Sarkozy pour se faire élire. Trois français sur quatre aujourd’hui déclarent « ne plus faire confiance » au président pour répondre à leurs attentes en matière de revenus. La chimère est-elle en train de faire long feu ? Car que peut-on retenir des premiers mois élyséens de celui qui citait sans vergogne Jean Jaurés dans ses discours ? Qu’il est demeuré sourd aux exigences salariales, mais qu’il a su s’augmenter de 172 %. Certes, cette mesure symbolise un président de la République particulièrement soucieux de lui-même. Elle révèle surtout l’orientation d’une politique au service exclusif des plus riches. « Les mesures prises depuis l’été consistent à (…) donner aux riches et ensuite récupérer l’argent des pauvres » résumait très justement le 18 décembre dans « Libération », le directeur de l’Observatoire des inégalités, Louis Maurin. C’est bien sous la présidence du même Sarkozy qui propose aux salariés de travailler le dimanche ou de racheter leurs jours de RTT qu’ont été accordés, dans la loi qui vient d’être adoptée soit-disant en faveur du travail, de l’emploi et du pouvoir d’achat (loi Tepa), 7 milliards d’euros d’impôts pour les plus aisés. Cela s’ajoute à la baisse d’impôt de 270.000 euros accordée aux 1000 contribuables dont la fortune est supérieure à 15,5 millions d’euros ; à la possibilité à un couple de verser 900.000 euros de patrimoine tous les six ans à leurs trois enfants sans payer de droits ; à l’instauration de prélèvements libératoires sur les dividendes des actions (les contribuables les plus aisés pourront opter pour un taux d’imposition de 29 % contre 40 % pour la tranche supérieure de l’impôt sur les revenus). Cette dernière mesure va profiter aux 50.000 contribuables qui touchent plus de 25.000 euros annuels. À côté de cela, la grande masse des citoyens acquitteront une franchise sur les médicaments, paieront le gaz 4 % plus cher, et les personnes âgées démunies devront, dans un an, payer la redevance audiovisuelle. Président du pouvoir d’achat, Nicolas Sarkozy ? C’est vrai. Mais du pouvoir d’achat des fortunés.

Bruno CADEZ










vendredi 9 novembre 2007

Les "couillus"

Les images d’un Nicolas Sarkozy jouant cette semaine les chefs de bande sur les quais du Guilvinec, en Bretagne, sont désormais connues. Le ridicule ne tuant pas, le président était toujours vivant l’après-midi pour s’incliner devant l’un de ses modèles, tant philosophique (désolé du gros mot monsieur le président) qu’économique et politique, le locataire de la Maison Blanche GW Bush. Entre « couillus », on se reconnaît bien, n’est-ce pas ? Images terribles, humiliantes pour la France, son peuple et son histoire, que celles de ce petit homme agité, entouré d’une nuée de gardes du corps, auréolé de son auto augmentation de 179 % de son salaire présidentiel, tançant un marin pécheur étranglé par la hausse du carburant. « Descends un peu le dire ici », « viens, on va s’expliquer ». Images pitoyables d’une dérive démentielle. Quand un chef d’Etat en est là, nous ne sommes plus très loin de la mort de la politique. Non, Sarkozy n’incarne pas une conception de la politique. Il en est la négation. Cette grande idée alliant projet collectif et engagement individuel, cette construction patiente, contradictoire, toujours respectueuse de l’autre – et l’on sait que le respect de l’autre suppose aussi de savoir affirmer ses convictions – pour viser le dépassement de son ego afin d’avoir le bien commun pour horizon est ici piétinée. Nicolas Sarkozy est peut-être un fonceur. Il n’est pas un homme politique. Il n’est pas le seul, certes, à avoir ruiné l’idéal au profit d’une ambition dévorante et d’un égocentrisme démesuré. Quand on lit des extraits du livre que va publier prochainement Julien Dray, on voit aussi que de tels personnages fourmillent à gauche. Mais ce qui est sûr c’est que le président actuel ne dévie pas de ce chemin empreint de mépris pour l’autre, tout assoiffé qu’il est pour l’argent et le pouvoir, quitte à ne réagir qu’à coup d’insultes et de provocations à ses contradicteurs. Avec cet individu, le débat démocratique est bien sûr en danger. Sarkozy est de la même veine que GW Bush envahissant l’Irak ou Poutine prévenant de son intention « d’abattre le dernier tchétchène jusque dans ses toilettes ». Nous sommes plus proche de la brute suffisamment intelligente pour parvenir au pouvoir et asseoir celui-ci que de l’homme d’État.

mardi 23 octobre 2007

Ces Résistants qui nous parlent encore

J’ai lu, ou plutôt relu, dernièrement, l’appel lancé par plusieurs résistants à continuer leur combat aujourd’hui. Ils avaient lancé cet appel au moment de la commémoration du 60e anniversaire du Conseil national de la Résistance. http://www.alternatives-images.net/cnr/appeltxt.pdf Nous sommes loin de l’esbroufe, et de l’émotionnel discipliné mis en scène par le président Sarkozy, en imposant la lecture de la dernière lettre de Guy Môquet, ce lundi dans les lycées. Nous en sommes loin, car ces hommes et ces femmes, participants prestigieux à la victoire contre la barbarie délivraient un message de haute volée, s’inscrivant dans les sentiments les plus nobles de l’Humanité : le don de soi, la solidarité, la paix entre les humains. Rien à voir avec cette glorification de la réussite personnelle, du mérite oublieux du plus faible et du spectacle permanent que nous offrent actuellement les représentants du pouvoir sarkozyste. Ces Résistants continuent de nous parler et de nous partager leur espoir d’un monde plus fraternel et solidaire. Au moment où les acquis sociaux qu’ils ont su consolider et développer au lendemain de la guerre, dans un pays exsangue, sont torpillés, histoire de faire en sorte que l’argent économisé vienne s’ajouter aux profits faramineux d’un patronat revanchard, leurs mots sont très actuels. Il est d’ailleurs à relever que les mêmes qui aujourd’hui, utilisent la figure de Guy Môquet pour l’instrumentaliser et dénaturer son combat furent on ne peut plus discrets quand il s’est agi de se souvenir du 60e anniversaire du programme du Conseil national de la Résistance et notamment de cette Sécurité sociale qu’ils sont en train de démanteler par pans entiers.

samedi 20 octobre 2007

Traité européen : exigeons d'être à nouveau consultés !

Ils se sont donc mis d'accord pour passer au dessus de notre Non de mai 2005. Les commentaires vont bon train sur ce "traité" censé rattraper le retard imposé par la France et des Pays-Bas à la construction de l'Europe, en s'opposant à la Constituion Giscard. Retard ? Un frein à la mise en pièces du modèle social français, à la généralisation de la concurrence à l'ensemble des activités humaines. Il faut repartir au combat et exiger que, pour le moins, nous soyions consultés sur cette affaire. Un appel unitaire en ce sens circule.

jeudi 20 septembre 2007

Sarkozy, l'ennemi du peuple et du social

Ci-dessous, l'éditorial de Liberté-Hebdo qui paraitra ce vendredi 21 septembre. Le journal revient également longuement sur le succès de la fête de l'Humanité.

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vendredi 3 août 2007

Sarko est prévenu : la rentrée ne sera pas apathique

Sarkozy part en vacances, aux "States", comme on dit dans ce milieu de gens friqués. Là aussi, le choix de la destination n'est pas innocent. On sait que notre président est plus soucieux d'atlantisme que d'indépendance nationale. Qu'il admire la philosophie du gagneur - ce qu'il pense être - véhiculée outre Atlantique. Sans doute même qu'intimement, il soutient le naufrage américain en Irak. Sarko est en vacances, parti sans doute avec l'impression du devoir accompli après ces premières semaines de "rupture". Symbolique, la session parlementaire se termine par le vote de la loi sur le service minimum, autrement dit la remise en cause du droit de grève. Les rassemblements qui ont eu lieu cette semaine ont permis de s'apercevoir qu'on était loin de l'apathie, tout de même, du côté du mouvement social. Nous étions 500 à Lille. Pas mal pour un 31 juillet ! Comme le titre Liberté-Hebdo de ce vendredi : "Préavis pour Sarkozy". Ci-dessous l'édito de cette édition.


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mercredi 18 juillet 2007

Le sarkophage : un nouveau journal pour résister à tous les sarkozysmes

Le politologue Paul Ariès, dont les écrits sur la pub ou ceux décryptant le projet de Sarkozy, sont connus lance un journal visant à opposer un autre imaginaire à celui ultra libéral de Sarkoy.

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Nouveau traité européen : il faut un referendum !

Après le PCF, plusieurs personnalités de gauche lancent un appel exigeant l'organisation d'un referendum sur le nouveau traité européen que Nicolas Sarkozy a accepté et qu'il envisage de soumettre uniquement à l'approbation du Parlement. On peut signer cette pétition à cette adresse : http://referendumeurope2007.free.fr

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mardi 17 juillet 2007

Un paquet de fric

Editorial de Liberté-Hebdo du 13 juillet, à propos du fameux "paquet fiscal", véritable paquet cadeaux aux plus riches.

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lundi 16 juillet 2007

Pour l'élaboration collective d'un projet de transformation sociale - Une contribution d'Alain Hayot

Je reproduis ici la contribution d'Alain Hayot, dirigeant national du PCF, publiée récemment dans l'Humanité.

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samedi 30 juin 2007

Partageux les gens de gauche ? Plus que jamais ! (contribution à Gauche avenir)

Voici le texte de la contribution que j'ai envoyée au site de l'appel "Gauche avenir" (www.gaucheavenir.org).

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jeudi 7 juin 2007

Franck Vandecasteele et Pierre-Yves Pira : l'Humain d'abord et l'espoir à gauche

L'un est chanteur du groupe Marcel et son Orchestre. L'autre est un militant connu dans la métropole lilloise, engagé depuis de nombreuses années pouir la défense des sans papiers, pour les droits des plus modestes, pour une socièté qui marie progrès social et écologie. Le premier, Franck Vandecasteele, est proche du PCF, et combat le libéralisme depuis de nombreuses années. Le second, Pierre-Yves Pira, milite aux Alternatifs. Tous deux sont soutenus par une diversité de personnes qui veulent remettre l'humain au centre du système. Ils représentent, dans la 3e circonscription du Nord, l'une des seules candidatures unitaires des antilibéraux à l'occasion de ces législatives dans mon département (hélas, la LCR n'a pas joué le jeu). J'aurai la "chance" de voter pour eux, ce dimanche. Cela sera l'occasion pour moi de dire à quel point je ne veux pas de l'entreprise de casse sociale de Sarko/Fillon, de toutes ces mesures au services plus riches, et qui fera terriblement mal aux plus humbles. Cette politique est représentée par le député UMP sortant, Christian Decocq. Mais je dirai aussi, ce dimanche, que j'aspire à voir émerger un espoir à gauche. À la différence de la tiédeur (pour être gentil...) du discours d'Alain Cacheux, le candidat socialiste de la 3e circonscription, Franck et Pierre-Yves visent eux une gauche solidaire, clairement antilibérale, écologiste. L'avenir est là, selon moi, si l'on veut réellement refonder la gauche et ses valeurs. Je vous suggère de lire l'article de ma consoeur Laurence Mauriaucourt paru dans Liberté-Hebdo de ce vendredi qui rend compte de l'assemblée publique des deux candidats, au Splendid, à Fives.

Devedjian, une ancienne petite frappe d'extrême droite insulte le droit au bonheur

Retour sur les propos odieux du président du Conseil général des Hauts-de-Seine, Patrick Devedjian, qui a accusé les communistes des Hauts-de-Seine d'"ancrer les gens dans la misère".

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vendredi 11 mai 2007

Ca commence Malte...

Ca commence Malte... C'est le titre de Une de Liberté-Hebdo de ce vendredi. Un yacht de milliardaire, sur fond de bleu méditérannée. Le bleu, déjà, dominait les affiches de campagne de nouveau président. Son escapade de riche, alors que l'on nous avait amusé avec des rumeurs de retraite spirituelle dans un monastère, sonne comme le premier bras d'honneur adressé à tous ceux qu'il a manipulé. Cela ne va pas être du coton de résister au démantélement généralisé des systèmes de protections sociales, aux attaques contre les droits sociaux, contre les plus faibles... Cela ne va pas être du coton, mais on a pas le choix. Comme il nous est impératif, de faire entendre une autre voix que celle de la résignation à ce système qui dégouline de l'arrogance de l'argent roi. Une voix populaire et antilibérale comme Marie-George Buffet a essayé, courageusement, de faire entendre. Plus que jamais la question d'unir en priorité ceux qui résistent à la marchandisation de toutes les activités humaines me semble encore posée. Comme est posée celle d'ouvrir le chantier d'un projet de vivre ensemble qui garantisse la dignité (de droits, de revenu...) pour tous, brise toutes les dominations, empêche le sacrifice de notre planète sur l'autel de l'argent. Ce projet, personnellement, je l'appelle le communisme, mais je sais que d'autres disent plus ou moins la même chose sans utiliser le même référent. Posons nous, donc. Réfléchissons ensemble. Agissons ensemble. L'heure est à la résistance, mais aussi à la réflexion, à l'ouverture à l'autre, à ce qu'il a à nous proposer pour avancer ensemble afin de sortir du piège etouffant dans lequel nous sommes emprisonnés.

vendredi 4 mai 2007

Sans hésiter, voter contre Sarkozy

Il veut en finir, dit-il, « une bonne fois pour toutes avec l’héritage de Mai 68 ». Sa haine des luttes, des mouvements émancipateurs, des jeunes qui ne se laissent pas dresser et tondre comme des moutons, qui femmes qui osent se dresser contre l’ordre machiste, le poussent à vouloir enterrer la mémoire des rebelles. Aujourd’hui, il s’attaque à mai 68. Mais demain, parions qu’il s’en prendra aux Front populaire, aux acquis de 36, aux congés payés. D’ailleurs, il a prévenu, s’il est élu dimanche à l’Élysée, il commencera par s’attaquer au droit de grève dans les transports publics, pour ensuite continuer à casser les droits des travailleurs, notamment à travers son « contrat unique », espèce de CPE pour tous, qui laisse libre le patron de licencier sans la moindre entrave. D’ailleurs tout son programme est le contraire d’un programme social. Il ne veut pas augmenter le SMIC, il veut « libérer », dit-il, les heures supplémentaires pour permettre aux patrons d’exploiter toujours plus son personnel… Mais dans le même temps, les nouveaux cadeaux aux plus riches sont programmés (bouclier fiscal qui va donner le coup de grâce à l’impôt sur la fortune, suppression des droits de succession, nouvelles exonérations de cotisations sociales pour les patrons…). Et pour le peuple : une TVA sociale afin de financer la protection sociale, ainsi qu’une nouvelle restriction dans le remboursement de nos soins. Ajoutons à cela de nouvelles menaces pour nos libertés (il a menacé de « virer » la direction de France 3), le danger qu’il fait peser sur les enfants étrangers, son soutien à G.W. Bush (dans quelle guerre va-t-il nous entraîner demain ?)… S’il veut en finir avec Mai 68, c’est parce qu’il est un ennemi de la liberté. Il prétend aimer les ouvriers, mais en en réalité, il ne les aime que soumis à leur patron, se résignant à travailler plus pour assurer ses profits. Sarkozy est un homme dangereux. L’ombre qu’il jetterait sur l’image de la France, sur son histoire et ses valeurs humanistes fait que je ferai en sorte de l’empêcher de s’installer à l’Elysée. Je voterai contre Sarkozy, dimanche. Je voterai donc Ségolène Royal.

lundi 23 avril 2007

Battre Sarkozy et unir la gauche antilibérale

En attendant de rédiger un point de vue plus personnel sur ce premier tour et sur l'avenir de la gauche, je relaie ce texte dans lequel je me retrouve pleinement.

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vendredi 20 avril 2007

Dimanche 22 avril, je vote antilibéral

Voilà cinq ans que la droite inflige des coups très graves au peuple, détruisant un à un les acquis d’un siècle du mouvement ouvrier. Notre droit à la retraite est menacé, notre protection sociale est en danger. Grâce au Contrat nouvelle embauche, un patron peut désormais licencier sans motif et quand il le souhaite un de ses salariés. Des cadeaux énormes ont été accordés aux plus riches. Sous la direction de Nicolas Sarkozy, l’Etat a été d’une violence rare contre les jeunes, les pauvres, les étrangers. Aujourd’hui, on rafle jusque devant les écoles. Notre pays n’est plus une référence en matière de droits de l’Homme, mais livre une image inquiétante, dangereuse. Sarkozy a transformé la France en zone de non droit. Ces années ont été celles de l’accélération d’une politique au service des puissants, une politique libérale, qui dure depuis quelques décennies et contre laquelle la gauche, chaque fois qu’elle a été au pouvoir, ne s’est pas franchement opposée. Sous la gauche plurielle, alors qu’elle avait les moyens d’agir pour être résolument aux côtés des salariés, des privés d’emplois, des sans abris, des sans papiers, elle a cédé devant les puissants. Elle a privatisé et ne s’est pas opposée aux licencieurs, comme à Lu Danone. La gauche plurielle a été sourde au mouvement social. C’est la raison principale qui a amené au 21 avril 2002, à la colère des milieux populaires qui se sentent lâchés depuis de nombreuses années par leurs représentants politiques. Pourtant, le 29 mai 2002, nous avons dit Non à une Constitution européenne qui proposait d’obliger les Etats à mener des politiques au service des financiers, en cassant les services publics pour les ouvrir au privé, en faisant de toutes les activités humaines, une source de profits, quelque chose à rentabiliser. L’objectif des libéraux est de briser les solidarités pour étendre partout la loi du plus fort, l’individualisme, la précarité. L’an dernier, nous nous sommes mobilisés contre le CPE qui voulait faire de notre jeunesse le laboratoire de nouveaux salariés sans droits, exploitables à 100 %, et jetables après utilisation. Nous avons obligé le gouvernement à céder. Alors ? La question est de savoir si, après avoir gagné sur la Constitution et le CPE, nous allons, demain, accepter de continuer dans le même sens, celui du libéralisme, de la loi de la jungle, de la casse des solidarités et du service public. Sarkozy, Bayrou et Le Pen ont le même programme antisocial au service des patrons et des plus riches. Ils ne veulent pas partager le travail, mais nous obliger à travailler plus sans forcément augmenter sensiblement notre pouvoir d’achat. Ils veulent en finir avec la retraite, la Sécu, l’école pour toutes et tous. Sarkozy et Le Pen s’entendent pour développer un programme de rejet de l’autre, de haine de l’étranger, et même d’eugénisme pour Sarkozy. Malheureusement, la candidate socialiste, qui a voté Oui à la Constitution européenne, ne propose pas un projet qui rompt avec le libéralisme. On sait que sa proposition de Contrat première chance n’est pas très éloignée du CPE. Elle parle de « donnant-donnant » alors que le peuple a beaucoup donné ces dernières années, et que les entreprises et la Bourse ont battu chaque année des records de profits. Posons nous la question : serait-ce vraiment utile de voter pour une telle candidate, pour un tel programme, dans lequel on peine à avoir le contenu de gauche, alors que l’on sait que des tractations se préparent entre des socialistes et des responsables de l’UDF ? Une alliance avec le centre ? Mais pour faire quoi ? Une coalition droite/gauche comme en Allemagne qui repousse la retraite à 67 ans et organise une chasse aux chômeurs que Sarkozy n’aurait pas renié ? Personnellement, je n’ai pas envie d’encourager la gauche d’aller dans cette voie. J’ai ardemment souhaité que les militants et les responsables des antilibéraux de gauche s’unissent pour cette élection. J’ai regretté que l’union ne puisse se faire. Au sein de mon parti, le Parti communiste, j’ai voté contre le maintien de la candidature de MG Buffet car je souhaitais que nous allions au bout de la démarche, pour présenter une candidature qui satisfasse tout le monde. Comme lors du référendum en 2005, l’unité aurait créé une dynamique, et aurait pu faire l’événement à gauche. Malheureusement cela n’a pas pu se faire. Et plusieurs candidats défendent donc le SMIC à 1500 euros net le plus rapidement possible, l’augmentation de 300 euros des minimas sociaux, une allocation d’autonomie pour les jeunes, une véritable politique de logement social, une véritable égalité homme/femme, la taxation des profits financiers, un moratoire sur les OGM… C’est la raison pour laquelle je pense que la manière de redonner de l’espoir à gauche, de permettre à celle-ci d’affirmer ses valeurs et d’éviter le piège d’un vote soit-disant utile qui servirait demain à justifier des alliances avec des centristes à la Bayrou, c’est de voter « antilibéral ». De faire en sorte que les candidats de cette gauche-là fassent leur meilleur score. Et pour moi, ils sont trois : Besancenot, Bové et Buffet. Ils étaient ensemble, sur les mêmes estrades, lors de la campagne du référendum sur la Constitution européenne. Et leurs désaccords stratégiques ne doivent pas nous faire oublier que,demain, c’est ensemble qu’il nous faudra travailler pour continuer à reconstruire la gauche. . Pour ma part, je voterai Marie-George Buffet. D’abord parce que j’estime que ses propositions me semblent être les plus cohérentes. Elle ose, justement, dire qu’il faut prendre l’argent là où il est, qu’il faut par exemple doubler l’impôt sur la fortune, exiger que les profits boursiers contribuent au financement de la sécurité sociale (alors que depuis des années on augmente notre contribution, et que l’on dérembourse des médicaments). Elle défend la justice sociale, l’emploi, les salaires, les pensions. Elle propose d’accorder de vrais pouvoirs de décision aux citoyens, là où ils vivent et travaillent, pour que ce ne soient pas toujours les mêmes qui décident pour notre vie. Son discours s’adresse à toute la gauche, et pas seulement à quelques convaincus. Marie-George Buffet, même si j’ai été de ceux qui ont critiqué sa décision d’être quand même candidate, a fait en sorte que le PCF s’engage dans la voie de l’unité antilibérale. Lors du référendum sur la Constitution européenne, elle a proposé d’organiser des meetings communs et a partagé son temps de parole avec d’autres forces, comme la LCR, les socialistes pour le Non etc… Voter Marie-George Buffet, c’est aussi encourager le PCF à poursuivre dans ce sens, afin d’éviter qu’il ne se replie sur lui-même. Car nous aurons besoin de tout le monde demain, et en meilleure forme (électorale !) possible. Le rassemblement ne pourra se faire que par addition, et pas par soustraction. Par mon vote, je souhaite donner de la force à la gauche antilibérale, et donc à toute la gauche. Bruno CADEZ

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