Une loi contre les parachutes dorés ? Chiche !
Par Bruno CADEZ le vendredi 27 mars 2009, 11:56 - Actualité - Lien permanent
Editorial publié dans le numéro 851 de Liberté-Hebdo de ce vendredi 27 mars 2008
C’est un homme de retour du Mexique, où il s’est fait offrir un séjour évalué à 50 000 euros aux frais de la princesse (la quatrième banque mexicaine), qui est venu nous parler de « morale », l’autre soir du côté de Saint-Quentin. Nicolas Sarkozy, celui qui inaugura son quinquennat par une virée au large de l’île de Malte sur un yacht de son ami Vincent Bolloré, et en s’augmentant de 170 %, symbolise tellement les « valeurs » du capitalisme financier que son discours n’est pas crédible. Comme d’habitude, les effets de tribune sur les stock-options ou les parachutes dorés ne portent guère à conséquence. Car Nicolas Sarkozy l’affirme : le bouclier fiscal ? « J’assume », répond-il. Autrement dit, pas question de remettre en cause un dispositif qui favorise les plus riches (ses bénéficiaires ont obtenu en moyenne 30 000 euros l’an dernier, tandis que les salariés, les retraités, les bénéficiaires des minima sociaux se serrent la ceinture). Le PDG de Valéo avec ses 3,2 millions d’euros de parachute doré n’est pas la brebis égarée d’un capitalisme qu’il conviendrait de moraliser. Chez cet équipementier automobile, 5 000 suppressions de postes sont programmées dans le monde, dont 1 500 en France, tandis que 100 millions d’euros ont été versés aux actionnaires en 2008. Kidnapper les richesses en faveur d’une minorité en sacrifiant les hommes et les productions : c’est la raison de vivre d’un capitalisme qui n’a aucune morale et n’en aura jamais.
Nicolas Sarkozy, dit-on, se serait fâché tout rouge contre Laurence Parisot et évoque l’hypothèse d’une loi sur les parachutes dorés à… l’automne. Quelle mascarade ! Un projet de loi contre les parachutes dorés ? Il existe. Il a été déposé par les sénateurs communistes. De même que Marie-George Buffet a rédigé un texte visant à interdire les licenciements boursiers. Qu’attend Nicolas Sarkozy pour le faire examiner et voter par les députés ? Qu’attend-il pour imposer un moratoire sur tous les plans de licenciements ? Qu’attend-il, enfin, pour convoquer une conférence nationale sur les salaires et obliger les patrons à les augmenter ? Sans doute que nous soyons encore plus nombreux, dans la rue et dans les urnes, à faire entendre l’exigence d’une autre politique qui rompe franchement avec les dogmes de l’argent roi.
Bruno Cadez

Commentaires
Je mets ton article en lien "A l'affiche" sur mon blog.
Amitiés.