Fraternel, le blog de Bruno Cadez

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lundi 30 novembre 2009

Justice pour Jean-Claude Willem : le combat continue

Injustement condamné pour avoir boycotté les jus de fruits israéliens en réactions aux massacres de Jénine, l’ancien maire de Seclin en appelle à la Cour européenne des droits de l’Homme.

 

Jean-Claude Willem a toujours la colombe de la paix de Picasso au revers de la veste. Ce symbole ne le quitte jamais. « C’est la médaille que je préfère » sourit-il. L’ancien maire de Seclin et journaliste à la retraite n’a pas oublié, qu’en 2008, le préfet Canepa avait refusé de lui remettre la médaille remise à chaque édile après trente années de mandat. Motif ? Le représentant de l’État, fidèle sarkozyste dont il a été membre du cabinet à l’Intérieur, refusait que puisse être accordée une reconnaissance de la République à un élu qui a été condamné par la justice pour avoir osé dénoncer les multiples violations aux droits de l’Homme commis par l’État israélien. « Il a fait l’objet d’une véritable vengeance du pouvoir » affirme ainsi Annick Battalan, de la Ligue des droits de l’Homme du Nord. L’affaire remonte à 2002, et aujourd’hui encore, Jean-Claude Willem doit batailler sur les plans juridiques et politiques pour que justice lui soit faite. Une décision de la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) a affirmé cet été que la condamnation dont il avait l’objet pour avoir appelé à boycotter les jus de fruits israéliens ne portait pas atteinte à la liberté d’expression. Soutenu par de nombreux mouvements, forces politiques, associations, personnalités, il veut porter l’affaire devant l’assemblée plénière de la CEDH. « L’enjeu est politique. Il s’agit de savoir si l’on peut contester la politique du pouvoir israélien. Il y a une faillite dans l’application du droit international envers Israël, qui bénéficie d’une impunité persistante. C’est pour cela que l’intervention de la société civile est nécessaire, pour assurer un relais citoyen. Ce qu’a fait Jean-Claude Willem. On lui reproche d’avoir usé de sa liberté d’expression » dénonce Jean-François Larosière, président de l’Association France Palestine solidarité (AFPS) Nord-Pas-de-Calais. En 2002, pour protester contre les massacres de Jénine, perpétrés par l’armée israélienne contre les populations civiles, Jean-Claude Willem annonce que les cantines de la ville dont il est le maire ne serviront plus de jus de fruits en provenance d’Israël. Ce produit n’est pas anodin. Les fruits en question proviennent pour la majeure partie de territoires occupés, notamment la vallée du Jourdain. En effectuant ce choix courageux, le maire de Seclin ne se doute peut-être pas qu’il va faire l’objet d’un acharnement rassemblant supporters du Premier ministre israélien de l’époque, Ariel Sharon, le maître d’œuvre des massacres de Sabra et Chatila, et représentants du pouvoir français. Le représentant de l’association cultuelle israélite de Lille, Jean-Claude Komar porte plainte pour incitation à la haine raciale. En première instance, le tribunal de Lille blanchit Jean-Claude Willem. L’affaire aurait pu en rester là. Mais, de manière aussi surprenante que scandaleuse, le ministre de la Justice, Dominique Perben fait appel, sous la pression, affirme-t-on chez les soutiens du maire de Seclin, des partisans français des faucons israéliens. En appel, « une entourloupe juridique » pour reprendre l’expression d’A. Battalan, permet de condamner Jean-Claude Willem pour entrave à la liberté du commerce pouvant inciter à la haine raciale… Un jugement tordu qui sera confirmé en cassation et sur lequel la CEDH devra donc se prononcer.

« Jean-Claude Willem a eu le tort d’avoir raison avant les autres » estime Jean-Claude Lefort, député honoraire et président national de l’AFPS. « Il existe un accord entre l’Union européenne et Israël qui prévoit que cet accord doit être suspendu en cas de violation des droits de l’Homme. Or, à Jénine, il y a eu une violation flagrante des droits de l’Homme. Soutenir Jean-Claude Willem, c’est défendre le processus de paix. Car si l’on ne met pas un terme à l’impunité dont bénéficie Israël, il n’y aura pas de paix dans cette partie du monde » continue le militant.

Un comité de soutien à Jean-Claude Willem va prochainement se mettre en place, tandis que les associations appellent à une souscription pour financer les frais de justice, ceux-ci risquant en effet d’être particulièrement importants.

 

Bruno CADEZ

NB - Cet article a été publié dans Liberté-Hebdo n°886 du 27 novembre 2009

jeudi 8 janvier 2009

Palestine. Faire entendre la voix des peuples pour la paix

Solidarité avec Gaza

Manifestation ce samedi 10 janvier à Lille - 14h30 Porte de Paris

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Editorial de Liberté-Hebdo, ce 9 janvier

La voix des peuples

Assez ! Hormis les esprits belliqueux, à part les acharnés du cliquetis des armes et des bombardements, qui, aujourd’hui, peut encore taire son indignation et sa révolte en entendant chaque jour le macabre bilan de l’opération israélienne à Gaza ? Qui n’a pas été glacé d’effroi en découvrant ces images d’enfants victimes du carnage lié au bombardement d’une école pourtant estampillée du drapeau de l’ONU cette semaine ? L’enfer porte un nom ces jours-ci. Gaza. Quatre lettres qui témoignent du martyr d’une population qu’il est difficile de ne pas éprouver au plus profond de sa conscience. Des centaines de personnes, en grande partie des civils, ont été tuées depuis le début des opérations. Un tiers avait moins de seize ans. Une partie de la famille humaine – notre famille - est plongée dans le chaos et il n’y a rien de plus urgent que de se mobiliser encore plus nombreux pour arrêter cela. Pour éviter que la guerre n’alimente encore plus les haines et n’enterre définitivement toute perspective progressiste de paix entre israéliens et palestiniens. Pour contraindre aussi la communauté internationale à se montrer autrement plus active qu’elle ne l’est aujourd’hui afin de stopper l’offensive guerrière. Alors que G.W. Bush se pose en soutien inconditionnel de Tel-Aviv – et que son successeur, Barack Obama se tait -, il était difficile de supporter l’agitation du président français, cette semaine, alors que la présence de Nicolas Sarkozy sur place n’a pas réellement inquiété Israël qui promet vaguement d’examiner le plan de paix égyptien, tout en poursuivant ses frappes !

L’impunité dont bénéficient les faucons israéliens n’est plus supportable. L’exigence de cessez-le-feu n’ira pas bien loin si elle n’est pas accompagnée de menaces de sanctions (et notamment si n’est pas remis en cause l’accord d’association entre Israël et l’Union européenne). Les populations doivent être protégées par une force internationale et l’application du droit international, notamment par la création d’un État palestinien sur les territoires occupés, doit être garantie.

Les manifestations qui auront lieu ce samedi, notamment à Lille, auront donc une grande importance si l’on veut faire entendre la voix des peuples pour faire taire celle des armes.

Bruno Cadez